Depuis quelques semaines, le mot circule que les gouvernements du Québec et du Canada considèrent réviser leurs cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Du côté du gouvernement québécois, qui s’est doté d’une cible de réduction de 37.5% des émissions de GES en 2030 par rapport à 1990*, un Comité consultatif sur les changements climatiques (CCCC) a été mis sur pied pour conseiller le gouvernement de façon indépendante. Ce dernier a écouté près de 30 groupes récemment, dont Ecotech Québec, pour obtenir leur avis sur la cible.
Qu’est-ce qu’une cible de réduction des émissions de GES?
Les gaz à effet de serre sont gaz qui, lorsque leur concentration augmente dans l’atmosphère, absorbent et capturent les rayons du soleil. C’est le principal facteur à l’origine des changements climatiques. Au Québec, les principales sources de ces gaz sont X, Y et Z.
Dans le cadre de l’Accord de Paris en 2015, les gouvernements du monde se sont entendus pour faire les efforts nécessaires pour limiter le changement climatique à 1.5C par rapport à l’ère pré-industrielle, tout au plus 2C, ce qui nécessite de réduire les GES émis dans l’atmosphère. Ces gouvernements se sont ensuite dotés de cibles de réduction des émissions qui, selon les données scientifiques disponibles, permettraient de respecter l’Accord de Paris.

Le CCCC a publié, le 10 décembre 2025, une lettre d’opinion dans La Presse détaillant les principaux constats issus de ces consultations. Selon ses auteurs, « le Québec doit ainsi consolider ce qui fait sa force : une électricité décarbonée, un tissu industriel innovant et un consensus social en faveur de la transition et de l’adaptation. »
La vaste majorité des participants affirment l’importance de maintenir une cible climatique ambitieuse pour 2030, amenant le CCCC à recommander une cible de réduction en 2030 entre 37.5% et 45%, pour respecter la science et le contexte géopolitique.
La cible climatique est un moteur d’innovation et d’investissement d’ordre stratégique pour le Québec et pour les acteurs économiques
La réduction des GES engendrera des coûts de transition immédiats, toutefois ceux-ci sont inférieurs au coût de l’inaction, les analyses économiques démontrant que les impacts des changements climatiques qu’on ressent déjà viennent avec une facture salée et qu’il y a un risque pour le Québec de perdre en compétitivité face à d’autre États en Europe et en Asie qui accélèrent leur transition énergétique
La population demande également une action gouvernementale ambitieuse, octroyant une acceptabilité sociale à la cible
À l’échelle mondiale, les investissements dans les énergies renouvelables dépassent ceux dans les énergies fossiles, favorisant l’avantage comparatif du Québec
Qu’est-ce que ça signifie pour les PME?
La décision du gouvernement reste à venir. Dans tous les cas, le consensus ressorti de la consultation auprès d’une variété d’acteurs démontre que la décarbonation est une voie stratégique pour le Québec et son tissu industriel, dont les PME font partie. Ainsi, cette décarbonation peut aussi devenir une voie stratégique à leur propre échelle.
À l’instar des gouvernements, pour démontrer leur engagement et se tenir imputable de maintenir ce dernier, plusieurs entreprises se dotent également d’une cible de réduction de leurs émissions et font un suivi annuel sur cette mesure.
Quoi faire ?
Vous travaillez pour une PME qui peine à passer à l’action pour réduire ses émissions de GES? Commencez par le même point de départ que les gouvernements : comprenez où se situent vos émissions de GES, et déterminez une cible de réduction réaliste mais ambitieuse. La meilleure façon de commencer, c’est de réaliser un bilan GES. De nos jours, c’est un exercice qui est accessible aux PME via la création de plateformes en ligne qui calculent les émissions associées à vos activités, sur la base de données simples à retracer comme vos factures.


